Enrico Voltolini : « Un potentiel de performance énorme »

Nommé responsable du projet Hypersail à la place de Giovanni Soldini début avril, l’Italien Enrico Voltolini, 39 ans, évoque son parcours et les prochaines étapes du projet.

On vous connaît peu en France, pouvez-vous nous raconter votre parcours sportif avant d’arriver sur le projet Hypersail ?
J’ai fait des études d’ingénieur naval et côté compétition, j‘ai couru en Laser, puis en Finn et en Star, avant de revenir au Finn. J’ai ensuite débuté en Coupe de l’America à Auckland avec Luna Rossa, puis à Barcelone. Après cela, j’ai rejoint le circuit SailGP dans l’équipe italienne aux côtés de Jimmy Spithill, et c’est en parallèle que j’ai intégré ce projet, avant d’en devenir le leader. C’est une grande responsabilité, forcément de la pression, parce que quand on voit le bateau, le nombre de pièces et sa complexité globale, c’est très lourd à gérer, mais je peux heureusement m’appuyer sur le soutien de Maranello et de Ferrari, je ne suis pas seul.

Quelle est votre priorité du moment ? Travailler en simulateur, recruter ?
Pour l’instant, je ne passe pas beaucoup de temps sur le simulateur par manque de temps, Giulia (Conti), Shannon (Falcone) [les deux premiers membres de l’équipe navigante annoncés en septembre, NDLR] et d’autres s’en chargent actuellement. Ma tâche la plus importante est effectivement de sélectionner les bonnes personnes, tant pour le shore team que pour l’équipe navigante. Nous allons d’ailleurs annoncer très prochainement le navigateur, quelqu’un qui n’est pas italien et possède une grande expérience du large.

Justement, il y a en France beaucoup d’expertise en la matière, allez-vous contacter des marins français ?
Je suis déjà en contact avec quelques Français, nous verrons à l’avenir si certains d’entre eux nous rejoignent.

Quelles sont les prochaines étapes du projet ?
D’ici la fin décembre, nous déménagerons à Livourne (dans la nouvelle base de l’Hypersail), où nous installerons les appendices et le mât, nous effectuerons les tests structurels, avant la mise à l’eau prévue fin mars. Ensuite commencera la phase d’essais de vol sous remorque pour valider le système Flight Control et tester la résistance des foils, nous remâterons définitivement pour commencer les navigations sous voiles, j’espère mi-avril.

Avez-vous une idée du premier record ou de la première course du bateau ?
J’ai déjà une idée en tête, mais je ne peux pas la révéler pour l’instant. Lorsque le bateau fonctionnera parfaitement, je vous préviendrai !

Le but, c’est d’avoir le bateau le plus rapide autour du monde ?
Je l’imagine en effet capable de battre le record (le Jules Verne), ne serait-ce que de quelques secondes, mais c’est certain que si nous bénéficions d’une bonne météo et que nous exploitons le bateau à la perfection, il possède un potentiel de performance énorme.

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Photo : Ferrari

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